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MBAM - PAVILLON D'ART QUÉBÉCOIS ET CANADIEN CLAIRE ET MARC BOURGIE

Montréal / Canada

À une époque où la conservation du patrimoine religieux représente un défi dans le monde entier, cette intervention architecturale est un modèle exemplaire du genre. Elle a été saluée à maintes reprises pour sa réflexion architecturale poussée, son intégration urbaine exceptionnelle et son design conjuguant le passé et le futur.

À côté de la restauration de l’ancienne église Erskine and American, transformée en salle de concert de 444 places, la Salle Bourgie, à l’arrière, a été intégralement reconstruite pour faire place au nouveau pavillon de six étages et d’une superficie de 2 000 m2 , de facture contemporaine. L’intervention présentait un défi d’intégration. Il fallait, d’une part, s’insérer à un environnement pavillonnaire hétéroclite et, d’autre part, greffer l’un à l’autre deux édifices, l’un étant un lieu d’importance historique nationale et l’autre marquant son temps par une facture et un langage contemporain marquant son temps.

 

DIALOGUES ARCHITECTURAUX

Dialogue avec la ville
Grâce à sa sobriété et sa perméabilité, et quel que soit le niveau auquel on se place, des ouvertures vitrées permettent de voir la ville et, notamment en contrebas, le Jardin des sculptures du Musée, cette bande d’expositions d’œuvres d’art public qui longe le pavillon. 

Dialogue avec l'église
Le nouveau pavillon ne fait pas que partager son entrée et ses espaces d’accueil avec l’ancien édifice religieux. Il en évoque aussi l’esprit, autant dans son élévation, prolongée par une ouverture vers le ciel, que par la présence d’alcôves subtilement dessinées autour des espaces d’exposition.

Dialogue avec le complexe muséal
Pour parachever l’intégration du pavillon dans son environnement, les architectes ont choisi de relier celui-ci aux autres pavillons du Musée, autant physiquement que métaphoriquement. Outre le lien physique créé par un passage souterrain de 45 mètres de long sous la rue Sherbrooke accueillant les œuvres monumentales, le pavillon Bourgie s’intègre symboliquement au complexe muséal par une réinterprétation du marbre blanc utilisé pour les façades des pavillons Michal et Renata Hornstein de 1912 et Jean-Noël Desmarais de 1991. Ainsi, les architectes ont enveloppé le nouveau pavillon d’un mur de marbre venant de la même carrière du Vermont que celui de ses deux prédécesseurs, en reproduisant l’image du matériau dans son état d’origine, avec le dessin de ses veines courant le long de la façade, tel un gigantesque bloc de marbre sculpté de 4 étages.