Assemblée nationale du Québec

Le nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale du Québec et l’agrandissement de la cour intérieure viennent moderniser le monument patrimonial et permettent aux citoyens d’avoir accès à un espace d’apprentissage audacieux et impressionnant. Les installations de l’Assemblée nationale du Québec devenaient peu à peu désuètes et les lieux avaient besoin d’une revitalisation. L’ajout d’un pavillon d’accueil devenait inévitable, mais il était également nécessaire de conserver l’hôtel du Parlement, un bâtiment historique conçu par Eugène-Étienne Taché, et de le laisser exposer aux regards. En effet, sa façade qui retrace l’histoire du Québec est une des rares au monde à être composée d’un narratif iconographique. Notre solution a donc été de créer un pavillon d’accueil souterrain et de le glisser sous les escaliers existants pour ensuite le relier à un édicule avec ascenseur, situé dans la cour intérieure, qui permet d’accéder aux étages supérieurs. Autour de cet édicule ont également été aménagés des espaces de soutien. L’ensemble des constructions aboutit en un agrandissement de 5 100 m² et préserve entièrement le paysage patrimonial et la lecture de l’hôtel du Parlement.

APPROCHE DE CONCEPTION

L’approche proposée par l’équipe de conception vise un agrandissement réalisé totalement en sous-sol afin de conserver, protéger et mettre en valeur le paysage de la colline parlementaire.  Le concept s’articule autour des orientations suivantes :
_ Le respect du patrimoine et des façades existantes
_ L’aménagement d’une entrée centrale et respectant l’axe urbain
_ Une entrée sous forme de rampe didactique devenant un espace d’exposition et  d’éducation à la démocratie menant à l’agora, véritable symbole d’échanges et de débats publics
_ Une fluidité du parcours permettant un accès universel et des circulations claires  de même qu’une sécurité accrue des visiteurs et des parlementaires / circulations  verticales efficaces, meilleure organisation spatiale

ÉTUDES

Le geste porteur dans ce projet est une rampe de 300 mètres qui se glisse sous les escaliers existants, permettant ainsi de préserver le paysage et d’inviter le public à s’approcher près de la façade iconographie. Cette rampe, qui devient le symbole d’un accès plus direct à la démocratie, organise les éléments fonctionnels et programmatiques de la structure. Les espaces de réception, de sécurité et d’enregistrement, les vestiaires, l’agora, la salle multifonctionnelle, le tunnel et les salles de commissions se distribuent tout au long de cette allée définie par un mur en bois.

PARCOURS – LE MUR NARRATIF

Le caractère sous-terrain du pavillon permet à la rampe d’avoir un rôle mécanique, en dirigeant le mouvement des visiteurs, tout en donnant sa forme à l’agora, créant un espace où l’expérience de l’utilisateur est plus importante que l’apparence extérieure du bâtiment. L’agora est le point central du pavillon et sert de repère aux visiteurs. En tant qu’espace neutre, son objectif est de favoriser la notion d’impartialité et de communauté. Le choix d’une forme circulaire s’est fait naturellement puisque c’est une configuration qui n’a aucune subjectivité. Cette dernière permet donc d’aborder la démocratie comme une expérience. De nombreux oculus offrent également des vues splendides sur la façade tout en laissant la lumière naturelle entrer dans le pavillon.

Alors que le visiteur avance dans l’Agora, des ouvertures dans le mur de bois, situé à sa gauche, lui permettent d’accéder à des salles multifonctionnelles. Afin de marquer ce changement d’espace, les couleurs changent, passant du blanc au bleu ou rouge, en référence au Salon bleu et au Salon rouge présent dans l’Assemblée nationale.

La rampe dirige la foule, mais est également un élément porteur dans cette construction puisque la structure principale du pavillon s’appuie sur elle, tout comme les conduits mécaniques. En effet, plutôt qu’un plafond, l’Agora possède un mur mécanique qui a l’avantage d’être facilement accessible. Ce mur est camouflé par les panneaux de bois qui relatent l’histoire moderne du Québec. La rampe devient donc une seule ligne puissante qui structure un ensemble complexe en assemblant dans un même geste la structure, la mécanique et l’histoire narrative.

PARCOURS – RAMPE MONUMENTALE – ACCÈS À LA COUR ET AUX ÉTAGES

PARCOURS – LA SALLE DE COMISSIONS

PARCOURS – LA BOUTIQUE

La boutique combine les espaces d’étalage et de stockage. Le mur enroulé sur lui-même permet de maximiser la surface de vente. Le cercle est également une allusion au concept du projet. Le corridor qui mène à l’édicule servira à abriter l’œuvre d’art réalisée grâce à la politique d’intégration des arts à l’architecture et qui alloue 1 % du budget d’un projet à un artiste. Étant donné le contexte interactif du pavillon d’accueil, l’œuvre devrait être une expérience qui couvre les quatre faces du corridor afin de créer un véritable seuil.