Carré Saint-Laurent

Situé au cœur du Quartier des spectacles, entre la rue Sainte-Catherine au nord, le Monument-National au sud, le boulevard Saint-Laurent à l’est et la rue Clark à l’ouest, ce nouveau complexe immobilier développé par la Société de développement Angus de quelque 25 000 m2, accueillera bureaux, commerces et espace culturel dans sa première phase, ainsi qu’un volet hôtelier.

DÉMOLITION OBLIGATOIRE DES FAÇADES POUR FINS DE SÉCURITÉ
Ayant été laissés à l’abandon pour plusieurs années, les bâtiments constituant les lots sur la rue Saint-Laurent étaient totalement délabrés.  Après démolition, une préservation minutieuse des pierres taillées datant de la fin du 19e siècle a été initiée, incluant la numérotation de chacune des pierres avec comme objectif de les réutiliser à travers la nouvelle composition architecturale.

ÉTUDES

Notre première préoccupation a concerné l’approche en matière de conservation du patrimoine, c’est-à-dire l’authenticité versus une reconstruction des façades à l’identique.  À partir du moment où très peu d’éléments originaux ont survécu aux aléas du temps, il y a eu lieu de se questionner sur notre approche en matière de conservation.  C’est le cas du Carré Saint-Laurent où plus ou moins 40% des pierres d’origine se sont avérées inutilisables d’un point de vue structural.  L’authenticité formelle, structurelle et volumétrique, a disparu depuis fort longtemps avec le vieillissement des structures physiques et des usages qui se sont transformés au fil du temps.  Les structures physiques ont été démolies et ce qui en subsiste aujourd’hui ne constitue que des fragments de façades très endommagés.

Notre approche conceptuelle s’appuie sur le Mémorandum de Vienne adopté à la conférence internationale « Patrimoine mondial et architecture contemporaine – comment gérer les paysages urbains historiques » qui a eu lieu à Venise en mai 2005 et qui a été accueilli favorablement par la 29e session du Comité du patrimoine mondial.  Les articles 21 et 26 de ce document sont très intéressants pour le sujet qui nous concerne :

ARTICLE 21
En tenant compte de la définition élémentaire, la planification urbaine, l’architecture contemporaine et la préservation du paysage urbain historique devraient éviter toutes les formes de conception pseudo-historique, dans la mesure où elles constituent un refus des aspects historique et contemporain.  La vision historique ne devrait pas supplanter les autres, car l’histoire doit rester lisible, tandis que la continuité de la culture par des interventions de qualité est l’objectif suprême.

ARTICLE 26
Le principe général est que la proportion et le design doivent s’harmoniser avec le type particulier de mode historique et d’architecture, tandis que la suppression du parc immobilier central qui mérite d’être protégé (« façadisme ») n’est pas un bon moyen d’intervention structurelle.  Il faudrait veiller en particulier à s’assurer que le développement de l’architecture contemporaine dans les villes du patrimoine mondial complète les valeurs du paysage urbain historique et reste dans les limites afin de ne pas compromettre le caractère historique de la ville.

De plus, il est pertinent de se référer au Code de pratique du BEEFP (Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine / BEEFP) relevant Patrimoine Canadien-Parc Canada.  L’article 3,5 page 34 du code de pratique est important et exprime avec justesse la bonne pratique en matière de conservation :

ARTICLE 3.5
Lorsque le caractère patrimonial d’un bâtiment réside autant dans sa façade que dans sa structure, ses éléments de finition intérieurs et son organisation spatiale, le façadisme (conservation de la seule façade d’un bâtiment) ne constitue pas une forme acceptable de conservation.  Lorsque la façade est la particularité patrimoniale la plus importante et que l’intérieur du bâtiment est de peu d’intérêt ou a été considérablement transformé, la rétention d’une partie ou de la totalité de la façade peut-être acceptable, mais seulement en dernier recours.

PRÉSERVATION DU PATRIMOINE – CRÉATION D’UNE FRESQUE URBAINE

Le concept propose la création d’une « fresque urbaine », qui intégrera tous les morceaux récupérables des façades historiques qui s’y trouvaient à une certaine époque, constituant une nouvelle composition fusionnant le passé historique et l'intervention contemporaine. Cette approche se distingue par son authenticité et sa valeur de conter l'histoire sans pour autant recopier à l'identique.

LES HALLES

Dès l’été 2019, un espace commercial unique à Montréal et dédié à l’alimentation occupera le rez-de-chaussée de l’édifice. Ce concept novateur, développé par la Société de développement Angus, réunira plus de cinquante commerces indépendants dans un espace décloisonné et fera rayonner la cuisine d’ici.

ÉTUDES – ESCALIERS

ÉTUDES – MATÉRIALITÉ