Musée d’art contemporain de Montréal

PROVENCHER_ROY FINALISTE AU CONCOURS ARCHITECTURAL 

Provencher_Roy a soumis une proposition originale au concours d’architecture pour la transformation du Musée d’art contemporain de Montréal lancé en juin 2017 et dont le budget de construction est de 22 M$. Dans le but d’augmenter la fréquentation du MAC et de développer sa clientèle, la firme a choisi d’étudier la relation entre l’évolution de l’art contemporain et le développement des musées. La dernière moitié du 20e siècle et le début du 21e ont vu l’art contemporain devenir une combinaison complexe de moyens et de sujets s’adressant à un public international et éclectique. Pour accompagner cette métamorphose, les institutions muséales ont multiplié les espaces capables d’encourager et d’accommoder cette diversification de l’art. Il n’était donc plus question de simplement augmenter la capacité des « white box » muséaux génériques, mais plutôt de varier les espaces pour accompagner un domaine en constante évolution.

Pays

Canada

Ville

Montréal

Client

Musée d'art contemporain de Montréal

Année

2018

Autres Collaborateurs

Arup / Go Multimedia

Ancré dans son paysage urbain

Cette proposition positionnait le Musée d’art contemporain de Montréal  sur la scène nationale et internationale en diversifiant et augmentant sa capacité à accueillir divers médiums artistiques, rivalisant ainsi avec les plus grandes institutions muséales. Cette transformation était jumelée à des espaces pédagogiques flexibles, ouverts au public et adjacents au programme muséal, ce qui renforçait sa mission. Au niveau urbain, cette nouvelle identité se communiquait par une proximité à la rue Sainte-Catherine et des grandes vitrines qui affichaient la programmation sur la Place des Festivals et la Place des Arts. Ainsi, le projet s’ancrait fortement dans un contexte urbain riche en composant avec ce dernier et en assumant une identité forte et distincte. Un lien continu était créé entre le public et l’art contemporain, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur, comme en témoignaient l’enveloppe proposée et l’articulation de la circulation verticale qui se tissait dans l’atrium au travers des aires d’exposition.

Une salle suspendue

Un signal fort de la transformation du MAC était communiqué par cette nouvelle salle au niveau deux qui était conçue pour accueillir des expositions ou conférences en tous genres. Les grandes ouvertures de celle-ci s’alignaient avec les vecteurs de circulation et donnaient sur la Place des Festivals et la Place des Arts, orientant le public avec le contexte urbain. Ici, Provencher_Roy a privilégié un plan qui accommodait une grande diversité d’événements : conférences, danse contemporaine, expositions, défilés de mode, etc. La proposition comportait un plan libre avec une grande surhauteur, sans gradins déployables, pour favoriser une flexibilité d’aménagements.

L’emplacement proposé des espaces éducatifs venait afficher publiquement la vocation institutionnelle du MAC. Avec des ateliers ouverts sur l’esplanade et la rue Sainte-Catherine, la dimension pédagogique était soulignée en transparence et devenait clairement visible de l’extérieur. De plus, la transformation de la rotonde en salle de jeux et espace d’exposition flexible dédié aux jeunes augmentait la portée et la visibilité du volet pédagogique.

La diversification des espaces

Provencher_Roy a considéré que l’avenir du MAC était lié à la diversification de ses espaces, qui sont dédiés aux nouvelles œuvres et performances. En étudiant l’évolution des musées d’art contemporain à travers le monde, il est évident que la tendance nous amène à nous distancier des typologies architecturales standards. Ainsi, l’identité de ces établissements et leur langage formel se présentent comme le reflet d’espaces surdimensionnés, plutôt que le résultat d’un geste architectural particulier. Par la diversité et l’échelle de leurs salles, ces musées investissent dans un plus grand spectrum d’art contemporain. De plus, ces espaces simples et flexibles d’utilisation misent sur des qualités industrielles plutôt que sur des finis imposant un cadre plus personnifié et luxuriant. C’est ici que se distinguent un musée des beaux-arts et un musée d’art contemporain.

Faisant explicitement référence au travail de l’artiste-architecte Gordon Matta-Clark, les concepteurs estimaient que le projet devait permettre une intervention sur un objet trouvé, le MAC, de manière à articuler le programme de diversification des espaces. Ainsi, comme Clark, la firme avait l’intention d’effectuer des gestes de découpes et d’ouvertures simples et claires, qui libéraient de nouvelles aires d’exposition. Avant l’ajout d’un nouveau volume, l’effort se concentrait sur le décloisonnement, la transformation interne pour révéler la structure existante. De cette manière, la même institution muséale était présentée, mais avec une nouvelle identité et une capacité diversifiée. Par ces gestes forts, la mission du MAC existant était préservée. De plus, il y avait une possibilité de créer des espaces dramatiques soutenant l’évolution de l’art contemporain et le programme pédagogique.

Un accès clair depuis la rue Sainte-Catherine

Cette proposition pour le nouveau MAC s’orientait fortement sur la rue Sainte-Catherine. La nouvelle entrée se trouvait maintenant au coin de l’une des intersections les plus achalandées de Montréal, facilement visible et repérable pour les piétons venant de l’est ou l’ouest, et même du sud sur la rue Jeanne-Mance. Ainsi la façade principale du musée procurait dorénavant un accès direct et visible au musée, à la boutique et au restaurant par son entrée dédiée et indépendante. Situé au niveau deux, le restaurant occupait deux étages avec sa terrasse qui surplombait la Place des Festivals. De plus, adjacente au restaurant, la nouvelle salle d’exposition en porte-à-faux pouvait être sollicitée à l’extérieur des heures d’ouverture en utilisant l’ascenseur dédié au restaurant. Ce deuxième niveau accueillait également une terrasse extérieure de 340 m² qui s’orientait sur la Place des Arts. Tous les espaces communs au niveau deux étaient potentiellement accessibles 24 heures par jour, sans ouvrir l’accès au musée, et ce, grâce à un système de cloisons mobiles.

Une proposition supportant l’évolution de l’art contemporain

Les nouvelles salles d’exposition se calquaient sur l’évolution des besoins spatiaux recensés au cours de l’évolution de l’art contemporain. Ceci était la base conceptuelle du projet, soit d’offrir des espaces amples, flexibles et surdimensionnés. Cette diversification des espaces proposés accommodait une grande variété d’œuvres qui pouvaient s’articuler à la verticale, à l’horizontale, en compression ou de façon éphémère. En optant pour une stratégie de finis « rough and ready », le cabinet investissait largement dans les nouveaux espaces dédiés aux expositions et à l’éducation. L’aménagement proposait donc, au-delà du programme requis, 350 m2 de salles d’exposition supplémentaires, 340 m2 d’espace d’exposition extérieur, 130 m2 d’espace pédagogique supplémentaire et des aires d’exposition, qui variaient entre 10 et 22 mètres en hauteur, ou qui pouvaient avoir 70 mètres en longueur. Cette approche assurait la pérennité du MAC comme établissement capable d’accommoder et de supporter l’évolution de l’art contemporain et sa mission.

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